Bi Live In Me – Tan Hagmann

Bi Live In Me« Dire qu’au début, ce n’était que par jeu ! Un pari qu’il s’était lancé à lui-même de rendre fou de lui ce garçon qui, dès le premier regard, était tombé sous son charme. Sauf qu’il n’avait pas prévu que le piège allait se refermer sur lui. […] L’arôme d’une peau à la douceur traîtresse lui était monté à la tête. Et, aujourd’hui, ses nuits elles aussi revenaient avec leur lot de rêves érotiques. De cauchemars… »
Entre muses et musique, l’histoire de la longue valse-hésitation d’un jeune saxophoniste qui, confronté brutalement à la beauté, a peur de confondre émotion amoureuse et émotion artistique.

L’avis de Nine :
Lorsque Kristian Jorgensen croise le regard de l’ange blond musicien Andréa de Royer, c’est le coup de foudre immédiat. Pour le mannequin en vogue et en perdition depuis sa rupture avec son compagnon écrivain plus âgé, c’est une sorte de délivrance. Comme la lumière au bout du tunnel. Malheureusement, le jeune éphèbe n’est pas célibataire, pire il est hétérosexuel.

Bien qu’il soit en couple, si on peut dire et sans grande attache, avec une photographe andalouse reconnue dans le milieu, Andréa ne se prive pas pour autant de se laisser séduire par d’autres femmes. C’est un être introverti, inaccessible, perdu dans les méandres de ses pensées et de sa musique, mais c’est lorsqu’il joue que l’homme sensuel, l’amant se dévoile au son des notes qu’il souffle dans son saxophone, que l’amoureux résonne. Quand son regard croise celui du mannequin danois vedette, leur attirance est réciproque, immédiate. Bien que tous les opposent et qu’ils évoluent dans des sphères très différentes bien qu’étroitement liées aussi, les rencontres fortuites vont se poursuivre. Très rapidement, Andréa s’aperçoit que cet homme à la beauté fatale l’inspire, les notes flottent dans sa tête, la musique coule dans ses veines… cet homme est sa muse, son obsession et sa passion.

À ce stade, on pourrait ce dire : bon un hétéro qui ne peut pas résister à la beauté éthérée d’un mannequin et qui décide de s’assumer, c’est un sujet archi connu ?. Eh bien, c’est là que rentre en jeu la plume brillante, poétique et pourtant sans concession, violente parfois de Tan Hagmann. Elle réussit avec brio à mettre en place tout un tas d’interaction entre les personnages, de nous interroger sur les cauchemars d’Andréa dont on suppose qu’il cache quelque chose d’horrible sans jamais le formaliser. De même avec la relation entre Kristian et son ancien amant où l’on devine une finalité dure sans en connaître les tenants et les aboutissants.

L’auteur nous entraîne dans diverses directions, dans des clubs homosexuels où la douleur se confond avec le plaisir, dans des paysages paradisiaques de la Nouvelle-Calédonie ou dans les caves parisiennes ou le jazz est à l’honneur. Mais aussi dans les coulisses de ce milieu de paillette qu’est le mannequinat.

L’auteur nous présente ces hommes à fleur de peau, écorchés vifs par la vie et pourtant tellement différents dans leur façon d’appréhender les événements. Autant l’un a un besoin viscéral d’être exhibé, vu et dominé et l’autre se renferme dans sa musique, ses pensées. J’ai particulièrement aimé le cheminement de ses deux personnages et être témoin de leurs émancipations, ancrage dans la vie et leur façon d’apprendre à s’aimer…

Une très belle romance actuelle que je suis contente d’avoir découverte et qui m’a fait passer par une multitude d’émotions. Elle m’a éprouvé aussi. J’en profite pour remercier Tan Hagmann de m’avoir permis de lire, pour la première fois et sûrement pas la dernière, ses écrits.

Éd. Textes Gais, juillet 2015.

Lien vers le #2 : La Couleur de l’Enfer
Lien vers le #3 : Les enfants du silence

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