Lui (Lui, Tome1) – Nathalie Marie

LuiLui : Il a dix-sept ans, Lui en a vingt-cinq. Il est un lycéen brillant, Lui est un aristocrate lié à ses devoirs et obligations. Ils se croisent dans l’Eurostar. Une rencontre, une histoire d’amour impossible.
Sur la toile : Après avoir traversé un évènement difficile, Morgan quitte la ville où il vit, son appartement et la fac. Il atterrit à cinq cents kilomètres et trouve un lieu où reprendre pied. Émilien est peintre ou, tout du moins, c’est ce qu’il veut devenir. Il est obsédé par son art. Il découvre en Morgan l’inspiration absolue et l’intensité émotive qu’il recherche.

L’avis de Nine :
C’est le troisième livre que je lis de cette auteure française et je suis toujours agréablement surprise par sa plume. Elle a un vocabulaire d’une grande richesse et une manière de tourner les phrases, de prendre le temps de nous immerger dans l’histoire en nous donnant de multiples détails qui n’alourdissent en rien le récit, au contraire, cela aide à comprendre toute la psychologie des personnages. Quelques fois, cela peut paraître un chouïa trop dans la retenue, les héros qu’elle nous présente un peu trop matures en rapport à leur âge, mais il y a ce petit truc qui gomme ces premières impressions et vous laisse avec une sensation de bien-être en lisant l’épilogue.

Ce livre est composé de deux histoires très différentes, la première LUI est un peu plus longue et nous raconte la relation d’un adolescent de 17 ans et d’un jeune homme de 25 ans pas si éloignés que ça finalement. La deuxième Sur la toile, nous présente la rencontre prédestinée de deux étudiants solaires, complémentaires et angéliques. A la fin de ma lecture, ma préférence se portait sur le deuxième récit et, en fin de compte, après quelques jours, je n’arrive plus à me décider. Mon cœur balance… entre les deux histoires.

Dans LUI, le titre est plutôt évocateur et le résumé ne fait pas grand mystère : il est question d’une romance impossible entre deux jeunes gens issus d’un milieu aisé. Lui est le seul enfant mâle d’une famille aristocratique aux codes vieillots, où il est inimaginable d’envisager un coming out. Une multitude de responsabilités reposent sur ses épaules et surtout, le temps lui est compté : il doit se marier pour assurer la succession de sa noble famille.
Quant à Lui, le narrateur, c’est un jeune homme de 17 ans, extrêmement brillant, qui a planifié dans le moindre détail son parcours scolaire. Toutes ses aspirations tendent uniquement vers ce but. Enfermé dans une coquille, quelque peu délaissé par ses parents qui gravitent dans la haute société, seule sa grand-mère est bienveillante et l’accompagne.

Ce n’est pas le choc des cultures loin de là, tous deux ont reçu la même éducation, ont suivi plus ou moins les mêmes cursus… et se comprennent assez vite. Ils vont apprendre à se connaître, à s’aimer aussi, d’abord intellectuellement avant que la passion s’immisce dans leur relation. Il n’y a pas de place pour l’improvisation, ils discutent longuement de ce qu’ils attendent de cette relation afin de mettre à profit le temps qui leur est imparti.
Malheureusement, tout passe bien trop vite et la séparation approche… La fin d’une histoire passionnelle. Bien que le contrat ait été accepté en premier lieu, cette rupture ne va pas être simple. Lui, l’adolescent, va devoir poursuivre ses études, oublier cette première expérience, oublier ses moments intenses et extraordinaires. Oublier LUI, qu’il considère comme son âme sœur et son salut. Et puis Lui, le jeune marié, va s’efforcer de planifier une issue pour un avenir commun.

Nathalie Marie prend son temps, un peu trop peut-être au début de leur idylle. Elle nous raconte avec soin l’évolution de ce jeune homme extrêmement mature pour son âge et si novice dans les jeux de l’amour. Ses doutes, ses questionnements. J’ai beaucoup aimé leurs échanges sur le sexe gay. LUI va être très patient. Leur relation commence petit à petit et sérieusement, à l’image de ce qu’ils vont devenir.

C’est une jolie histoire, simple, sans grands événements ni drames… une histoire singulière où deux hommes réussissent à dépasser les codes établis pour vivre leur vie. La morale de cette histoire, si je pouvais en écrire une : l’attente est parfois longue, dure, mais, lorsque toutes les pièces du puzzle se mettent en place, c’est un bonheur infini.

Sur la toile, c’est la rencontre bienvenue entre Émilien, artiste peintre, et Morgan, un jeune homme qui a subi un traumatisme. Pour fuir cette dépression qui l’assaille depuis plusieurs semaines, il décide de prendre le large et de partir dans une autre ville, une autre fac pour se reconstruire.

Enfermé dans sa souffrance, Morgan est devenu solitaire, il a du mal à se dévoiler, à faire confiance. Et pourtant le bel Émilien va arriver à ouvrir la cage dans laquelle il s’est enfermé. Petit à petit et sous nos yeux, Morgan va se révéler, devenir cet être solaire qui sommeille en lui, d’une beauté éthérée. Émilien n’est pas en reste, c’est un personnage comme je les aime, beau comme un dieu, attentionné, bien dans sa vie et ses baskets, il est passionné et passionnant.

J’ai adoré ce texte. Il contient tous les ingrédients pour me faire fondre : un homme blessé, un être hors du commun qui vit « peinture », dont les courbes, les couleurs et le tracé sont les modes d’expression et de vision. On tombe tout de suite sous le charme de ces deux hommes dont la relation est toute en retenue dans un premier temps et tellement passionnée par la suite. Bref, une courte nouvelle superbement réussie. Une bulle qui nous transporte dans ce campus, cette ville, et nous projette hors du temps durant quelques heures.

Éd. Auto-édité, décembre 2015.

Lien vers le #2 : L’amoureux

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