Huit mois pour te perdre – Marie-Diane Meissirel

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Emma est française, expatriée en Croatie, elle y conseille le ministère de la justice. Dunja est croate. À soixante ans, elle aimerait prendre sa retraite mais doit travailler pour gagner sa vie et entretenir son fils musicien. Les deux femmes ont un lien : le bébé d’Emma, Bruno, dont Dunja est la nourrice. Alors qu’Emma s’absente souvent pour son travail, Dunja et Bruno fusionnent et l’amour de Dunja pour l’enfant ne cesse de grandir. Le quotidien de ces trois personnages n’est pas parfait, mais ils ont trouvé un certain équilibre. Jusqu’au jour où Emma, rentrant de voyage, apprend que son appartement a été cambriolé et que Bruno et Dunja ont disparu. Ces deux événements pourraient-ils être liés au passé d’Emma qui a longtemps travaillé sur les questions de crimes de guerre dans la région ? Qu’est-il arrivé à Bruno et Dunja? Emma arrivera-t-elle à les retrouver à temps ?

L’avis de PrestaPlume:
« Huit mois pour te perdre » est un roman à deux voix qui nous téléporte en Croatie, en 2013, peu avant l’entrée de ce pays dans l’Union européenne. Une gageure audacieuse ! Brillante et originale est l’idée de Marie-Diane Meissirel de situer l’action de son troisième roman à Zagreb, en plein cœur d’une Croatie meurtrie par le conflit yougoslave. Ayant fondé son association humanitaire « RTL Pomaze Djeci » dans ce pays où elle a aussi travaillé, l’auteure maîtrise son sujet. Elle livre un précieux témoignage qui, par le biais de la fiction, permet une meilleure compréhension de ce conflit fratricide complexe et douloureux.

Deux femmes sont en souffrance, l’une qui s’éloigne affectivement de son bébé et l’autre qui s’en éprend. Pour oublier l’homme qui s’est détourné d’elle à l’annonce de sa grossesse, Emma s’étourdit de travail en poursuivant ses missions auprès du gouvernement croate. Bruno est un bébé difficile, qui pleure sans cesse, qui l’exaspère, la décourage. Pour en prendre soin, elle fait appel à Dunja, une femme croate, discrète et malheureuse, sur qui elle pense pouvoir compter. Elle ignore qu’elle est en détresse elle aussi : elle a perdu son fils aîné, et le cadet a de mauvaises fréquentations.

Lorsque la nounou disparaît avec son fils, Emma mesure le fossé qui la sépare de ce petit être en colère, qu’elle a délaissé pour son travail. L’angoisse et la culpabilité s’intensifient à mesure que les heures défilent sans nouvelle. Tout au long de ce trajet jusqu’au chalet où la nounou devait l’attendre avec Bruno, Emma se remémore son histoire d’amour avortée et ses premiers pas hésitants pour devenir une bonne mère.

L’auteure nous propose deux récits à la première personne qui vont à la rencontre l’un de l’autre, en temps décalés, et se rejoignent avec une intensité progressive qui tient en haleine jusqu’au dénouement. C’est un hymne à l’amour maternel qu’elle dépeint avec force et sensibilité, une réflexion psychologique sur cet amour qui peut se manifester, tôt ou tard, naturellement ou à la faveur d’une épreuve. Cette épreuve suffira-t-elle à Emma pour s’aviser de l’immense bonheur qui tambourine à son cœur de mère ? Finira-t-elle par l’entrouvrir pour gagner le chemin de la délivrance ? Et l’on se prend à espérer au fil des pages que les « huit mois pour te perdre » se transformeront en « huit mois pour te conquérir » !

Éd. Daphnis et Chloé, juin 2016.

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