Dans la bibliothèque d’Angela Behelle

À l’occasion de la sortie de son dernier roman L’enjeu, spin-off de sa cultisme série La Société, disponible aux éditions Pygmalion, Angela Behelle nous a gentiment invités dans sa bibliothèque afin de découvrir les titres qui l’on marqué et qu’elle affectionne. C’est l’occasion d’en découvrir davantage sur cette auteure française majeure…

 


Le petit Nicolas de Sempé et Goscinny

Un jour, mon grand frère m’a tendu un livre. J’étais toute gamine. Il m’a dit : « Tiens, cadeau ! ». C’était mon premier « vrai » livre. Ce bouquin signé des compères Sempé et Goscinny (les papas d’Astérix) m’a fait rire à l’époque et me fait encore rire aujourd’hui. Bien qu’il soit daté, et le témoin de son temps, le petit Nicolas est un indémodable.

L’esprit de famille de Janine Boissard
J’ai un peu plus d’une dizaine d’années quand je découvre « L’esprit de famille » de Janine Boissard par le biais du feuilleton TV. J’ai aussitôt voulu le livre (l’intégrale en photo) que j’ai dévoré comme aucun livre auparavant au point d’en faire mon livre de chevet, ma référence. L’écriture de Janine Boissard s’adresse au cœur en direct et il était si facile de s’identifier à l’une ou l’autre des filles Moreau. En l’occurrence, je suis passée de Cécile la poison à Pauline la rêveuse en grandissant. C’est ce livre en particulier qui m’a donné envie d’écrire à mon tour.

Vipère au poing de Hervé Bazin
Les lectures, au collège, ont rebuté plus d’un élève. Je dois avouer qu’elles ont toujours été pour moi de vraies découvertes et parfois, des coups de cœur. La première d’entre elles a été Vipère au poing. Un roman cruel et magnifiquement écrit. Le drame au quotidien d’un enfant mal aimé, quand on est soi-même encore dans un âge où on peut s’identifier au personnage, ça marque l’esprit.

La peste d’Albert Camus
Encore une lecture imposée par le programme scolaire, mais un peu plus tard, au lycée avec un professeur qui m’a fait adorer les livres et les auteurs classiques. La peste est un roman que j’ai lu des dizaines de fois et dont je ne me lasse pas. Il est percutant, direct comme l’est le diagnostic d’un médecin, et pour cause puisque le narrateur en est un. Comme les habitants de la ville, on se retrouve pris au piège dans Oran où la peste se propage de maison en maison. C’est presque un huis clos à ciel ouvert. Un vrai bijou.

Au bonheur des dames d’Emile Zola
J’ai choisi ce titre en particulier parmi la série des Rougon Macquart parce qu’il est sans conteste l’un des plus « légers ». Cependant, j’ai dévoré toute la série. Bien sûr, certains tomes m’ont plu davantage que d’autres. Je citerais parmi mes autres favoris, Nana, Pot-bouille, la bête humaine (étudiée au lycée). Zola, en son temps, a subi les foudres d’une société bien-pensante qui estimait que ses écrits portaient atteinte aux bonnes mœurs. Il a osé mettre en scène l’intime, l’arrière-cour, les travers, folies et perversions de personnages tantôt miséreux, mais tantôt socialement très établis, allant même, comble de l’ignominie, jusqu’à évoquer le plaisir des femmes. Bref, la vérité crue étalée aux yeux de tous. A méditer.

Clochemerle de Gabriel Chevalier
Un pur concentré de bonne humeur. Par le biais d’un événement qui sert de fil rouge (l’installation d’une pissotière au centre d’un bourg) l’auteur dresse tour à tour le portrait de quelques-uns de ses habitants. Tout ce petit monde a l’esprit qui s’échauffe sous le soleil du Beaujolais. Il s’agit d’un roman satyrique et truculent. Le scénario formidablement construit. NB, ce livre a été publié en 1934 pour la première fois, ce qui a toute son importance.

Les Hauts de Hurle-vent d’Emily Brontë
À l’époque où je l’ai découvert, j’ignorais tout de la romance en général et des sœurs Brontë en particulier. En vérité, j’ai été séduite par le titre. Comme quoi un titre a beaucoup d’importance. Et puis dès les premières pages, il avait cette impression de malaise, et le fantôme de Catherine qui planait. Cette histoire m’a tellement chamboulée que j’ai fait ensuite des recherches sur son auteure. J’ai acheté une biographie intitulée « La Hurlevent » de Jeanne Champion. Et mon admiration pour Emily Brontë n’en a été que plus grande. Comment une jeune femme comme elle a-t-elle pu écrire une histoire aussi forte et donner vie à des personnages aussi tourmentés et sombres ? Aujourd’hui, je crois que je sais. Il n’est pas besoin d’avoir parcouru la planète, d’avoir connu des gens, il suffit d’être. Mais encore faut-il trouver les mots. Emily Brontë, elle, a trouvé les mots pour produire un chef d’œuvre.

Le parfum de Patrick Süskind
La réputation de ce livre l’a précédé dans ma bibliothèque. Je l’ai découvert au moment où l’adaptation cinématographique est sortie. Je ne suis pas allée voir le film, je l’ai regardé beaucoup plus tard, quand il est passé à la télé. Le roman a été une vraie claque. Une immersion totale dans l’époque, dans les lieux. C’est tout juste si on ne sent pas les fragrances dont il est question tout au long de l’histoire de Jean Baptiste Grenouille. Un livre qui tient en haleine jusqu’au bout. Presque un thriller.

Dracula de Bram Stocker
Pour être honnête, ce n’est particulièrement la qualité littéraire de ce texte qui en fait un livre culte. Non. C’est son contenu et surtout ses personnages. Bram Stocker a levé le voile sur le héros le plus fascinants qui soit. Dracula, le vampire dans toute sa splendeur. Je raffole des méchants séduisants, et qui mieux que Dracula peut incarner ce type de personnage ?Depuis, nombre de vampires ont vu le jour (tant pis pour eux) mais Dracula reste le premier, le mythe, le maître.

et Agatha Christie
Vous avez remarqué, je n’ai pas cité un titre en particulier. Et pour cause, je suis une fan inconditionnelle de Madame Agatha Christie. C’est simple, quand je suis en panne de lecture, je reprends systématiquement un Agatha, peu importe lequel et quand bien même je sais par avance qui est coupable. Je les ai presque tous, y compris les nouvelles sous forme de recueils. J’avoue un gros faible pour Hercule Poirot. Et l’adaptation TV a ceci d’exceptionnel que David Suchet a su incarner à la perfection ce cher Hercule, si bien que lorsque je lis un des tomes dont il est le héros, je ne l’imagine désormais plus que sous les traits de cet acteur. Cultissime.

 

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Retrouvez nos avis sur l’ensemble de ses ouvrages…


Merci infiniment à Angela Behelle
de nous avoir consacré cette interview I Septembre 2017

Une réflexion sur “Dans la bibliothèque d’Angela Behelle

  1. A reblogué ceci sur Angela Behelleet a ajouté:
    J’ai l’honneur d’inaugurer une nouvelle rubrique sur le Blog Mille et une pages. On m’a gentiment demandé de présenter 10 des titres qui figurent dans ma bibliothèque personnelle. Le choix a été évident pour certains, un peu moins pour d’autres car il a fallu faire un choix. Je vous laisse découvrir ceux que j’ai sélectionnés.
    et je vous embrasse… tendrement comme toujours
    Angela

    Aimé par 1 personne

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