Interview Angela Behelle – Septembre 2014

Extrait de notre In the Spotlight #9

Interview Angela Behelle

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous parler de votre parcours d’écrivain ?
Je m’appelle Angela Behelle, j’ai un peu plus de 40 ans, je suis mariée et maman d’une ado de 15 ans. C’est d’ailleurs pour répondre à une demande de cette dernière que j’ai mis le doigt dans l’engrenage de l’écriture, il y a de ça 5 ans environ, en imaginant des histoires pour elle. Depuis, je n’ai plus arrêté et j’ai eu l’immense chance de pouvoir exploiter cette opportunité jusqu’à la publication.

Quelle a été votre réaction lorsque votre premier roman a été publié ?
Ce fut un mélange assez étrange de joie et d’inquiétude. La joie, ça peut se comprendre. Quelqu’un vous a fait confiance et vous a affirmé que ce que vous avez écrit valait la peine d’être diffusé. Mais on est jamais totalement serein au moment de la sortie d’un livre. Passé le bonheur d’euphorie, on se soucie de l’accueil que lui réserveront les éventuels lecteurs.

Vous attendiez-vous à un tel succès ? Ça vous surprend ?
À vrai dire, je n’imaginais pas avoir plus de 10 lecteurs, vu le segment étroit dans lequel je m’engageais. C’était sans compter sur la vague 50 nuances dont le premier volume est sorti presque en même temps que mon tome 1. Ce hasard a changé la donne, j’en ai grandement bénéficié. J’en ai été surprise, oui, agréablement… il va sans dire.

Comment expliquez-vous le succès de la romance érotique en France ?
Le phénomène 50 nuances a permis d’outrepasser une certaine pudeur des lectrices. Oui, il y a un lectorat pour l’érotisme, mais pas n’importe lequel. Il suffit de jeter un oeil sur les titres proposés dans la rubrique « érotisme » de certains sites de ventes en ligne pour comprendre pourquoi les femmes n’allaient pas spontanément vers ce genre. Aujourd’hui, l’offre nombreuse et variée permet qu’elles trouvent enfin les lectures qui les séduisent. Et surtout, elles ont décidé d’assumer leurs goûts.

Comment faites-vous face aux mauvaises critiques, je pense à celles qui ont fait suite au premier tome de votre série « La société » ?
Comme tous les auteurs débutants, j’ai réagi vivement aux premières critiques d’autant que certaines ont été très virulentes. Pour un premier essai, je me suis confrontée à du lourd. Aujourd’hui, je les affronte avec beaucoup plus de détachement, et ce grâce aux encouragements que j’ai reçus à l’époque et que je reçois encore très régulièrement. Avec l’expérience, je sais qu’il est impossible de faire l’unanimité, et heureusement, si je puis dire. Ce serait triste et pauvre si nous devions tous penser la même chose. Certes j’apprécie de lire de bons commentaires, mais je comprends aussi ceux qui me font des reproches. Ce que je déplore quelquefois, c’est la brutalité des propos et la violence verbale de certaines personnes avec lesquelles on a pourtant jamais eu le moindre rapport. On ne ressort jamais complètement indemne de ce genre d’exercice, on apprend, on digère, mais on n’oublie pas.

Et sur votre nouveau roman « Voisin, Voisine » ?
Voisin, Voisine est une romance qu’on peut qualifier de « subtilement érotique ». C’est un one-shot, donc il n’est pas besoin de s’interroger sur la suite des événements. Celles qui ont lu La Société y retrouveront mon style habituel, je ne le cache pas, d’autant que c’est ce qu’on me réclame (lol). Celles que l’érotisme poussé de la série rebutait y trouveront peut-être une meilleure occasion de me découvrir. Il est bon de savoir avant de se lancer qu’avec moi, rien n’est jamais tout à fait rose dans mes histoires. Ce serait faux de prétendre que Voisin Voisine est une romance légère. C’est une histoire d’amour avant tout, mais l’amour peut être parfois compliqué.

Parlons un peu de vos projets. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le tome 8 « Le premier pas » de la série « La société » ?
Le tome 8 de la Société s’intitule Le premier pas. Il sortira aux éditions La Bourdonnaye le 9 décembre 2014. Le résumé est le suivant : Au sein de la Société, il existe une règle fondamentale selon laquelle les compétences et les qualités des adhérents peuvent être mises à contribution, à tout moment, en faveur de la communauté. C’est en vertu de ce principe qu’Alexis Duivel se présente, un soir, au cabinet de Frédérique Roche, kinésithérapeute de son état, et accessoirement élément actif de l’organisation clandestine. La mission de la demoiselle, si elle l’accepte : remettre un jeune accidenté de la route sur pieds. Mais connaissant le caractère turbulent de son amie, Alexis ne compte pas sur l’application stricte du seul règlement pour obtenir sa coopération. Comme à son habitude, le vice-président de la Société préfère user d’arguments très persuasifs qui vont rapidement expédier la jeune femme en Provence, au chevet d’un homme qui pourrait bien lui réserver certaines surprises.
Ce titre fait partie des tomes pairs, je pense que les habitués savent ce que cela signifie. Un peu moins de sexe et quelques informations supplémentaires sur le fonctionnement de la Société. Il faut dire que nous abordons tranquillement la fin de l’histoire, il va être temps d’opérer un virage.

Quels sont les secrets d’une bonne romance érotique selon vous ?
Si je le savais !!!! Je ne suis pas certaine qu’il y ait de recette miracle. Si vous analysez la plus célèbre d’entre elles, par exemple, 50 nuances, certains crient au chef-d’oeuvre, d’autres le qualifie de daube du siècle. Pour ce qui me concerne plus particulièrement, j’ai été parfois frappée par l’accueil qu’ont réservé les lectrices à certains de mes titres par rapport à d’autres alors que moi, je m’attendais à autre chose. Au fond, il n’y aura jamais d’unanimité sur la définition d’une bonne romance érotique.
Ma recette à moi : j’essaye de varier les scénarios, les ambiances, les personnages pour offrir un panel dans lequel chacun puisse piocher ce qui lui convient le mieux. Je pense aussi que plus le sujet est lourd, plus il faut faire léger. Enchaîner les scènes de sexe sur 500 pages n’est pas des plus digestes. Le choix du vocabulaire aussi est important, c’est notamment ce qui nous différencie (nous, les ptites françaises) des traductions. Enfin, comme son nom l’indique, une romance est une romance. Certains m’ont fait le reproche que mes fins sont toujours prévisibles… j’aimerais leur répondre que c’est évident, sinon ce ne serait pas une romance, mais un drame. Or je suis une romantique dans l’âme. Je ne suis pas certaine qu’on me pardonnerait de zigouiller Alexis Duivel à la fin ou de faire s’écraser l’avion privé de Daniel Sitrange dans le dernier épisode… encore que…

Pourquoi avoir choisi d’écrire de l’érotisme ?
Comme je vous l’ai dit un peu plus haut, j’ai commencé par écrire des histoires pour ma fille, dans un genre fantastique ou très très romantique.
Mais au fil de mes essais, je me suis heurtée à une certaine lassitude. À près de 40 ans, on n’envisage pas forcément les choses sous le même aspect et de devoir jeter un voile pudique sur le texte chaque fois que le scénario atteignait le stade des relations intimes était plutôt frustrant pour moi. Un jour, mon mari m’a dit sous forme de boutade :
« Tu n’as qu’à écrire une version érotique ». Je l’ai pris au mot, mais je ne pensais pas y puiser autant de plaisir. Quand j’ai terminé Qui de nous deux ?, c’était foutu, j’avais attrapé le virus et j’ai enchaîné sur tout le reste.

Comment vous vient l’inspiration de tous vos personnages ? Et que ressentez-vous lorsque vous écrivez le mot « FIN » et que vous quittez vos héros ?
L’inspiration… là encore, c’est un mystère. Il arrive que je me réveille avec un scénario complet en tête. Parfois, l’idée surgit alors que je trempouille dans mon bain. Mon imagination n’est jamais au repos, au grand damne de mon mari (lol). Quand j’écris le mot « fin », il me faut parfois quelques jours pour me détacher de l’histoire. Mais avec l’expérience, ça devient plus facile. Et puis, après la phase d’écriture vient celle de la correction qui prend beaucoup de temps et qui permet de refermer le fichier avec le sentiment d’y avoir consacré toute votre attention. Par ailleurs, certains persos, comme Alexis Duivel reviennent régulièrement dans les tomes suivants. Et la réédition en poche me donne l’occasion de les voir prendre un second départ. J’ignore, par contre, ce que je vais ressentir à la sortie du tout dernier tome de La Société. Cette aventure aura occupé tellement d’années… là, j’appréhende un peu le grand vide.
J’aime tellement créer de nouveaux personnages et jouer les marionnettistes. J’ai parfois deux ou trois textes entamés en même temps. Donc, je m’amuse à passer de l’un à l’autre au gré de mes envies. C’est passionnant, mais je sais que je fatigue souvent mon entourage avec mes idées qui surgissent tout le temps. J’ai promis de me calmer après La Société.

Avez-vous prévu de rencontrer vos lecteurs ? Si oui à quelle occasion ?
Pour le moment, non. Je continue de préserver mon anonymat. Ceci dit, celles et ceux qui me suivent savent que je suis accessible facilement et prête à répondre à leurs questions. L’avantage des réseaux sociaux et de mon blog, c’est qu’ils me permettent de toucher TOUS mes lecteurs ou presque. Les salons ou les foires du livre n’accueillent, au fond, que ceux qui peuvent se déplacer et font pas mal de déçus de n’avoir pas pu être présents. Ainsi, je ne fais pas de jaloux.

Qu’aimeriez-vous dire à vos lecteurs ?
Qu’ils me font vivre une expérience riche et intense et que, pour ça, je les remercie du fond du coeur.

Dernière question, on est curieuses, quelle est votre lecture du moment ?
Je suis en plein travail d’écriture. Dans ces moments-là, je ne lis rien de peur d’être perturbée ou alors des choses que je connais déjà. Je viens de finir L’affaire Prothéro d’Agatha Christie que j’ai lu pour la Nième fois. Par chance, j’avais un peu oublié qui était l’assassin lol. Ma prochaine lecture est programmée pour les vacances qui s’annoncent. Ce sera Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras. J’aime beaucoup son style et je n’ai encore jamais eu l’occasion de lire ce roman. À découvrir donc.

Merci infiniment à Angela Behelle de nous avoir consacré une interview.

Notre avis —> Série « La Société » et Voisin, Voisine

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INterview Angela Behelle "La Société"

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